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27 mars 2010

Pigistes : le SNJ toujours en première ligne

Lors de leur dernier mandat, les élus du SNJ du Groupe Express-Roularta ont bataillé ferme pour défendre les droits des pigistes dans les instances représentatives du personnel, au comité d’entreprise comme lors des réunions des délégués du personnel.

Les pigistes votent sans conditions de revenus

Ils ont obtenu que les pigistes puissent voter et être éligibles lors de ces élections à GER, sans conditions de revenus, conformément à un jugement de novembre 2009 (lire encadré sur le protocole pigistes). Electorat et éligibilité des pigistes ne sont donc plus conditionnés que par le nombre de bulletins de salaire dans les douze derniers mois précédent l’élection. Une grande victoire du SNJ et de FO, non seulement pour les journalistes pigistes mais plus largement pour la profession, puisque la loi pose une égalité de droit entre tous les journalistes, qu’ils soient mensualisés ou pigistes (Code du travail, art. L. 7112-1)

Les mauvais coups du « protocole pigistes »

Signé en novembre 2008 par trois syndicats minoritaires, dont la CFDT, le protocole d’étape concernant les droits des pigistes a été partiellement annulé par la justice, à la suite d’une action intentée par le SNJ, la CGT et FO (trois syndicats réunissant près de 74 % des voix aux dernières élections de la Commission de la carte).
Le 3 novembre 2009, le Tribunal de grande instance de Paris a déclaré illicites une clause restrictive de ce protocole concernant le droit électoral des pigistes et leur non-prise en compte dans le calcul des effectifs sans carte professionnelle, alors que celle-ci n’est ni obligatoire, ni constitutive de la qualité de journaliste.
Le TGI a aussi rappelé aux employeurs l’obligation de paiement des primes d’ancienneté sur l’intégralité du salaire, quand aucun barème de pige n’existe, et l’obligation d’inscrire les pigistes dans le registre unique du personnel. Le jugement confirme par ailleurs l’application des dispositions de la Convention collective des journalistes en cas de maladie, accident du travail et maternité, plus protectrices que les dispositions du protocole.
Le 27 janvier 2010, l’ensemble des syndicats de journalistes ont demandé la renégociation de ce protocole remettant en question les droits des pigistes, afin de « renforcer les bases incontestables des droits légaux, conventionnels et statutaires des journalistes pigistes ».
Retrouvez l’analyse du SNJ sur le protocole d’étape pigistes sur le site du SNJ

Les élus du SNJ ont également défendu celles et ceux dont le montant des piges avait subi une diminution notable, ou dont la collaboration avait été brutalement arrêtée, obtenant de justes indemnités de licenciement. Ce qui s’est malheureusement produit de plus en plus souvents dans le groupe ces dernières années.

Nos revendications

• L’augmentation des tarifs de pige parallèle à celle des salaires des journalistes mensualisés de l’entreprise.
• La prime d’ancienneté ajoutée au salaire de base, et non intégrée dans le tarif de pige.
• Le bénéfice de l’épargne salariale (accords de participation, d’intéressement, PEE plan d’épargne bonifié par l’employeur).
• La modification du contrat de travail ou le licenciement en cas de baisse du volume de piges ou de leur disparition.
• Le maintien du salaire en cas de maladie, maternité et accident du travail, comme le prévoit la convention. Les pigistes concernés ne doivent pas être renvoyés vers un régime de prévoyance conçu pour le décès, l’invalidité et la longue maladie.
• Les cotisations sociales à 100 % du salaire pour ceux qui n’ont pas opté pour l’abattement.

Nos élus ont aussi bataillé pour faire cesser les pratiques discriminatoires à l’égard des journalistes rémunérés à la pige : la grande majorité des pigistes du Groupe Express-Roularta ne bénéficie toujours pas de primes d’ancienneté ; les tarifs des piges n’ont pas été revalorisés depuis des années ; les pigistes sont exclus du bénéfice des accords collectifs notamment les augmentations de salaire annuelles (le SNJ et FO ont insisté sur la nécessité d’inclure les pigistes dans le cadre de la dernière négociation sur les salaires) ; le 13e mois et les congés payés sont déduits du montant des piges...

Non aux piges « tout compris »

Il faut en finir avec un usage fréquent mais contraire à la convention collective qui consiste à verser 13e mois et congés payés au mois, sur chaque pige, avec chaque bulletin de salaire.
C’est une manière, pour les entreprises, d’inclure le 1/12e (13e mois) et le 1/10e (congés payés) dans le tarif de la pige. La convention collective prévoit le paiement annuel de ces deux éléments de salaire, en plus du tarif de la pige. De plus, les congés payés et le treizième mois doivent être calculés sur l’ensemble des salaires (y compris les congés payés de l’année précédente). C’est la loi. Avec le paiement mensuel, les employeurs lèsent donc les pigistes de un dixième + un douzième du dixième des salaires, soit près de 2 % !

En votant nombreux pour nos candidates et nos candidats, vous êtes assurés de faire élire des journalistes compétents et efficaces pour défendre vos droits. Et vous renforcez aussi, le premier syndicat de journalistes afin qu’il pèse dans les instances nationales de négociation, comme par exemple celles sur un barème minimal de piges, face aux représentants des patrons de presse.

Le SNJ, premier syndicat de journalistes

Le Syndicat national des journalistes (49,59 % des voix aux élections à la Commission de la carte, un score obtenu face à six listes concurrentes) est le plus présent dans les entreprises de presse, les négociations et les instances nationales où sont défendus les droits et intérêts des journalistes. Il met à leur disposition, qu’ils soient syndiqués ou non, des permanences (juridique, emploi, pigistes, etc.) et des services pratiques ainsi qu’un site Internet : www.snj.fr
• SNJ 33, rue du Louvre, 75002 Paris. Tél. : 01 42 36 84 23

Votez pour les candidats du SNJ !

08 mars 2010

Oui à de vraies négociations

Salaires, RTT, multimédia : oui à de vraies négociations

Négociations salariales : zéro euro pour tous

Lors de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires, le SNJ et FO ont demandé :

  • 100 euros pour tous ;
  • l’application de la prime d’ancienneté pour les pigistes (accords GER et jugement de novembre 2009 sur le protocole d’accord national).

Réponses de la direction :

  • zéro euro d’augmentation collective... mais + 0,5 % pour les augmentations individuelles, décidées dans l’opacité et à la tête du client ;
  • une négociation en juillet… à la condition d’un équilibre des résultats de GER.

RTT : reculer pour mieux sauter ?

L’échéance de l’accord RTT est reportée à fin juin, comme si l’on voulait que ce débat ne soit pas au cœur de la campagne électorale. Surtout, les négociations auront lieu avant les congés d’été, période peu propice à la mobilisation des salariés.

Le SNJ et FO refusent la diminution du nombre de jours de RTT, restant fidèles au vote en AG des salariés, après la dénonciation par la direction de l’accord 35 heures, fin 2008. Si une négociation doit se tenir, ce n’est donc pas pour diminuer le nombre de jours de RTT !

Multimédia : la direction ne doit pas passer en force

Le SNJ et FO demandent la revalorisation des droits d’auteur, car la reprise des articles et photos a explosé. Quant au travail multi-supports (papier et web), le SNJ et FO exigent le volontariat : personne ne doit y être contraint, et des moyens : à travail supplémentaire, effectifs supplémentaires, et rémunération supplémentaire.

Par ailleurs, le SNJ et FO rappellent que, selon la loi, le journaliste professionnel est attaché à un titre : personne ne peut donc être contraint de collaborer à plusieurs titres.

C’est sur ces bases que le SNJ et FO participeront, comme ils l’ont fait dans d’autres entreprises, à une éventuelle négociation. Négociation qui risque d’être compromise par le passage en force de la direction, qui a d’ores et déjà impulsé la collaboration multi-titres.

Elections : pas de discrimination envers les pigistes

Les élections des DP et du CE sont prévues le 1er avril (protocole affiché à chaque étage).

Le SNJ et FO ont obtenu (en application de la loi, et du jugement de novembre 2009) le même traitement pour les pigistes et les autres salariés : l’électorat et l’éligibilité des pigistes ne sont plus conditionnés à un minimum de revenu annuel.

En revanche, la direction a refusé une clause prévoyant de nouvelles élections après la fusion avec le Groupe L’Etudiant. Ce qui revient à priver les 158 salariés de L’Etudiant de toute représentation.
Le SNJ et FO n’ont donc pas signé le protocole préélectoral.

Ne vous laissez pas confisquer ces débats, et donc votre avenir !

SNJ           FO

 

100308fosnj.pdf

27 février 2010

Elections le 1er avril : ce n'est pas un poisson !

Les élections des délégués du personnel (DP) et des membres du Comité d’entreprise (CE) à Groupe Express Roularta se tiendront le 1er avril 2010.

Le protocole préélectoral (qui peut être consulté sur les panneaux d’affichage à chaque étage) a été négocié au cours des dernières semaines entre la direction et les organisations syndicales du groupe (CFDT, CGT, FO, SNJ).

Le principal désaccord, exprimé par le SNJ et FO, par rapport au projet présenté par la direction, concernait les conditions imposées aux journalistes pigistes pour être électeurs ou éligibles. Conformément à un jugement de novembre 2009, SNJ et FO refusaient que l'électorat ou l'éligibilité des pigistes soient conditionnés à un seuil minimum de revenus provenant de leurs collaborations aux titres de GER.

A quelques heures de la signature, le 24 février, la direction a accepté de revenir sur cette condition. Electorat et éligibilité des pigistes ne sont plus conditionnés que par le nombre de bulletins de salaire dans les douze derniers mois.

C'est une grande victoire, obtenue par le SNJ et FO, non seulement pour les journalistes pigistes mais plus largement pour la profession, puisque la loi pose une égalité de droit entre tous les journalistes, qu'ils soient mensualisés ou pigistes (C. trav., art. L. 7112-1).

Néanmoins, SNJ et FO n'ont pas signé le protocole préélectoral.

Pourquoi ?

Depuis plusieurs mois, le Groupe Express Roularta a programmé l'intégration du Groupe L'Etudiant. Prévue au 1er janvier 2010, cette fusion n'a pas eu lieu en raison de l'opposition des salariés du Groupe L'Etudiant, opposition exprimée par leurs représentants du personnel. La situation semblait bloquée, mais une proposition soumise par la direction a recueilli le 23 février la majorité des voix du personnel du Groupe L'Etudiant.

A l'écoute des représentants du personnel de L'Etudiant, SNJ et FO de GER ont proposé de prendre en compte l'intégration prévisible des  salariés du Groupe L'Etudiant dans le périmètre de GER, en introduisant dans le protocole préélectoral une clause prévoyant de nouvelles élections quand la fusion serait effective.

La direction et les organisations CFDT et CGT ont refusé.

SNJ et FO n'acceptent pas que, quand le Groupe L'Etudiant aura été intégré dans GER, ses salariés ne soient pas représentés dans les instances représentatives du personnel.

Même si seulement deux syndicats sur quatre ont signé le protocole préelectoral, il est probable que les dispositions qu'il édicte soient mise en œuvre. Le SNJ sera évidemment présent, dans le collège Journalistes.

6 sièges (3 titulaires, 3 suppléants) sont à pourvoir au Comité d'entreprise (CE), 8 sièges (4 titulaires, 4 suppléants) chez les délégués du personnel (DP).

Journalistes à GER, si vous avez envie de vous présenter, ou simplement si vous souhaitez en savoir plus, contactez avant le 9 mars André Spiga ou Eric Marquis (emarquis@snj.fr).

20 février 2010

Salaires : 0 %, avec les remerciements de la direction !

Mercredi 17 février se tenait la troisième réunion de la négociation annuelle obligatoire (NAO) qui selon la loi doit porter notamment sur l'évolution des salaires.

Lors de la précédente réunion, le 2 février, le SNJ a demandé une augmentation générale des salaires de 100 euros pour tous. FO s'est rallié à cette position. La CFDT et la CGT revendiquaient 2 %. Le SNJ préfère une augmentation en “valeur absolue” et non en pourcentage car cela avantage les bas salaires. Le SNJ et FO ont aussi insisté sur la nécessité d'inclure dans le cadre de la négociation les pigistes, systématiquement négligés dans le passé.

Conscientes de la conjoncture difficile que connaît le groupe, les organisations syndicales ont notamment mis en avant

  • l'évolution du coût de la vie
  • l'absence d'augmentation collective significative au cours des dernières années
  • les efforts consentis par les salariés dans la dernière période (plan de suppression d'emplois, réorganisation...).

La direction a indiqué que la masse salariale serait augmentée

  • de près de 0,4 % mécaniquement du fait des sauts d'ancienneté
  • d'environ 0,8 % par des augmentations individuelles, dont 0,5 % liés à des changements de fonctions.

(Lors du CE du 19 février, la direction a indiqué que l'un des principaux critères pour les augmentations individuelles étaient les entretiens individuels d' “évaluation”. Les élus SNJ ont rappelé qu'ils s'étaient opposés à cette prodédure lors de sa mise en place - ils étaient bien seuls - et qu'elle était alors présentée comme facultative. Chacun peut aujourd'hui mesurer la valeur de cet engagement.)

Ce 17 février, en réponse aux demandes des représentants du personnel, la direction a dévoilé sa position : aucune augmentation générale.

Le SNJ dénonce cette attitude de la direction, scandaleuse à plus d'un titre.

En effet, la direction piétine le principe même de la négociation, puisque trois réunions ont vu des propositions des syndicats mais aucune de la direction.

De plus, la direction est venue à la négociation avec un projet d'évolution de la masse salariale déjà ficelé sans jamais concéder aucune marge de négociation.

Enfin, à l'intérieur même de son schéma, la direction a refusé toute discussion sur le fait que la totalité de l'augmentation de la masse salariale qu'elle-même envisageait serait consacrée aux augmentations individuelles. Et rien à une augmentation générale.

Dans ces conditions, comment les salariés pourraient accorder quelque crédit aux remerciements que la direction a formulé à leur endroit quant aux efforts qu'ils ont fournis ces derniers mois ? Et quels espoirs peuvent-ils mettre dans la proposition faite aux syndicats d'une nouvelle négociation plus tard dans l'année, à la condition, bien hypothétique, que les comptes du groupe se portent mieux ?

Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras ! Face au cynisme de la direction, les salariés n'ont aucune illusion à se faire et ne peuvent compter que sur leur capacité de mobilisation.

00:34 Publié dans Négociation | Tags : négociation, salaires, pigistes

31 août 2009

Atmosphères : avis négatif du CE

Fin juillet, la direction prétendait que les conséquences sociales de la cessation de parution d'Atmosphères s'inscrivaient dans le cadre juridique d’un « petit licenciement économique collectif de moins de 10 salariés ». Faux, ont dû souligner à plusieurs reprises les représentants du personnel : les licenciements potentiels concernent bien plus que 10 salariés, compte tenu notamment des pigistes. Résultat : c'est un “plan social” (PSE) qui est à l'ordre du jour du Comité d'entreprise extraordinaire du 28 août.

Texte adopté à l'unanimité par le Comité d'entreprise lors de sa réunion extraordinaire du vendredi 28 août 2009.

« Le 28 août 2009, le Comité d’entreprise de Groupe Express-Roularta a été saisi par la direction d’une demande d’avis concernant son projet d’arrêt de la publication du mensuel Atmosphères et de conclusion d’un contrat de licence de la marque « Atmosphères » avec le groupe Prisma Presse, au profit de son mensuel Femmes.

Le comité d’entreprise a été informé le 27 juillet dernier de ce projet, en pleine période de congés, en l’absence de la plupart des élus.
Il est regrettable que cette information n’ait pas été communiquée plus tôt aux représentants du personnel comme aux salariés concernés. Alors que, ces derniers mois, les élus avaient été régulièrement alertés des indéniables difficultés du titre, il aurait été logique, et plus efficace, d’examiner la situation d’Atmosphères et d’envisager d’autres possibilités de réorganisation de son activité au moment du précédent PSE, en février dernier. Les élus ont pourtant, à plusieurs reprises, tenté d’obtenir des éclaircissements sur les projets de la direction à l’égard du magazine et de ses salariés. En vain…

La conclusion d’un accord avec Prisma Presse explique désormais la hâte avec laquelle la direction veut mettre en œuvre son contrat de licence, dès le numéro d’octobre de Femmes. Cette précipitation ne saurait cacher que la disparition d’Atmosphères est lourde de conséquences sociales : même si la direction assure qu’elle fera ses « meilleurs efforts » pour en reclasser une partie, il reste que 14 salariés en CDI et une vingtaine de pigistes sont concernés par la disparition du titre, une première dans l’histoire de notre groupe. Il est d’ailleurs scandaleux que des salariés aient été débauchés en 2008 afin de rejoindre et relancer Atmosphères, pour finalement se voir brutalement privés d’emploi seulement quelques mois plus tard.

Par ses hésitations de gestion et l’opacité des choix de sa politique sociale, la direction porte donc une grande responsabilité sur l’affaiblissement d’Atmosphères. Venant après un PSE qui s’est traduit par la suppression de plus de 10 % des effectifs du groupe, la disparition d’Atmosphères inquiète l’ensemble des salariés.

Pour ces raisons, le Comité d’entreprise de Groupe Express-Roularta choisit d’émettre un avis négatif sur ce projet. »

04 août 2009

Atmosphères : non à la liquidation à la va-vite

Vendredi 31 juillet, la réunion sur la situation d’Atmosphères entre la direction et les représentants du personnel (présents en cette période de vacances) a confirmé les craintes du SNJ. Notamment

- Sur le respect de la procédure

Le premier CE d’information-consultation s’était déjà tenu, le 27 juillet, dans l’illégalité puisque n’avaient pas été communiqués au préalable aux membres du CE, comme le prévoit la loi, les documents relatifs au projet de la direction.

Le 31 juillet, celle-ci poursuit sa tentative de brûler les étapes, à savoir orienter les débats sur les conséquences (reclassements éventuels, licenciements…), et non sur l’examen des motivations, de ce projet de cessation de la publication.

- Sur les effectifs concernés

Dans le document remis aux élus lors de la réunion du CE le 27 juillet, dans la partie « Conséquences sociales », la direction affirme que « l’équipe éditoriale d’Atmosphères est composée de 12 journalistes », l’équipe commerciale « d’une directrice de la publicité et d’une directrice de la clientèle ». Soit 14 salariés.

Dans un document remis lors du « point d’étape » du 31 juillet, la direction évoque « 14 salariés ».

Donc la direction « oublie » les pigistes, alors même que la loi (Code du travail, art. L. 7112-1) dispose que

Toute convention par laquelle une entreprise de presse s’assure, moyennant rémunération, le concours d’un journaliste professionnel est présumée être un contrat de travail.

Cette présomption subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties.

Dans le document remis au CE le 27 juillet, la direction fait état de 10 pigistes.

En réalité, 19 pigistes « réguliers » collaborent à Atmosphères.

Le nombre de salariés concernés s’élève donc à 14 + 19 = 33 personnes.

Lors du « point d’étape » du 31 juillet, la direction a remis aux représentants du personnel un document présentant son projet, ne portant que sur les salariés en CDI : sur 14, 6 seraient reclassés dans GEE, 2 seraient repris par Prisma, 6 seraient concernés par des « suppressions de poste ».

Ce qui amenait la direction à conclure que le seuil de 10 licenciements n’étant pas atteint, « nous nous situons donc dans le cadre juridique d’un “petit licenciement économique collectif de moins de 10 salariés” [souligné], dont nous allons devoir lancer la procédure très prochainement ». On remarquera qu’ici, le conditionnel n’est pas de mise !

La loi est donc violée aussi bien sur la forme (information-consultation du CE) que sur le fond (le nombre de salariés).

22 novembre 2007

Oui à une pension à 100 % et au choix individuel

Retraites complémentaires des journalistes

Depuis trois ans, la rémunération des journalistes de GEE a été revalorisée d’environ 60 euros par mois. Cette vraie-fausse hausse n’est pas due aux largesses de la direction, mais à sa pingrerie : celle-ci pratique depuis début 2005 un abattement de 30 % sur les retraites complémentaires des journalistes. Elle cotise à 70 % au lieu de 100 %, à l’inverse de ce qui se pratique dans l’écrasante majorité des entreprises de presse.

Résultat : le groupe cotise moins et les journalistes aussi. Mais à leur désavantage, puisque leurs retraites complémentaires ont été amputées (voir encadré). En revanche, la direction a fait une sérieuse économie sur la masse salariale. Ces gains ont d’ailleurs permis de financer la fameuse prime Villepin de 700 euros attribuée à tous les salariés de GEE en 2006, un accord que le SNJ n’avait pas signé.

Trois ans de perdus

La soi-disant « économie » de 60 euros par mois réalisée par chaque journaliste équivaut à une perte d’environ 90 euros de retraite complémentaire par mois, soit, depuis 2005, 3 510 euros de pension perdus. Dans l’hypothèse d’un départ à la retraite à 60 ans*, avec vingt-cinq ans d’espérance de vie, cotiser à 100 % rapporte 29 250 euros de pension supplémentaires. D’où son intérêt évident pour les journalistes.
*La convention collective des journalistes fixe l’âge de la retraite à 65 ans

Capitalisation à hauts risques

Refusant de revenir au système par répartition – qui régit le système français et dont la direction n’est pas seule à décider – l’employeur propose, dans le cadre de négociations avec les syndicats, d’instituer un système de retraite complémentaire par capitalisation avec une obligation d’épargne privée pour tous les journalistes.

La direction affirme que la capitalisation reviendra moins cher pour une retraite équivalente, voire parfois supérieure. Elle a beau argumenter sur l’avenir incertain des régimes par répartition, cet avenir est en tout cas moins risqué que les belles promesses de la capitalisation.

Solidarité ou chacun pour soi ?

Sortir du régime par répartition, c’est aussi choisir de cotiser pour soi, au lieu de cotiser au bénéfice de tous. À l’inverse de cette logique du « chacun pour soi », qui fait des ravages dans la société, le SNJ défend le système par répartition, garanti par l’Etat et géré paritairement. Celui-ci permet, en outre, de bénéficier de points de retraite pendant les périodes de chômage et de maladie, et favorise la solidarité entre les générations.

De plus, basculer dans l’épargne privée sans l’accord individuel de chacun serait inadmissible. Les journalistes doivent pouvoir choisir de cotiser à 100 % pour leur retraite complémentaire, en restant dans le cadre de la répartition. Que ceux qui souhaitent capitaliser le fassent, mais sans l’imposer à tous.

Dispositif injuste et bancal

La capitalisation obligatoire à la sauce GEE a d’autres défauts : une vingtaine de journalistes auraient une retraite complémentaire inférieure à celle qu’ils pourraient toucher avec la répartition que la direction compenserait par une indemnité. Par ailleurs, alors que dans le cadre de la répartition, chacun cotise dès sa première heure de travail, un salarié en CDD devrait attendre d’avoir une ancienneté de 6 mois à GEE pour pouvoir cotiser dans le cadre de ce système. Donc, aucun droit à la retraite complémentaire acquis pour moins de 6 mois travaillés... Une inégalité de traitement choquante pour les CDD, et des économies pour l’entreprise.

Le SNJ estime que les sommes indûment « économisées » par la direction depuis trois ans doivent être remboursées. Celle-ci doit prendre ses responsabilités : qu’elle mette en place un plan de rattrapage, si besoin sur plusieurs années, pour rendre indolore le paiement des retards de cotisations salariales. Qu’elle rétablisse, le 1er janvier 2008, des cotisations à 100 % dans le cadre du régime par répartition, pour ceux qui le souhaitent.

Opposé à la fausse solution de la capitalisation, le SNJ l’empêchera par tous les moyens à sa disposition.

 

Salaires : rien pour tous... et tout pour Roularta

Conditions de travail dégradées, stress et démotivation, baisse de la qualité, sous-effectifs... et, comme en 2007, la direction propose royalement... 0 % d’augmentation collective en 2008.

Le SNJ revendique 200 euros pour tous, afin de combler la perte de pouvoir d’achat subie depuis 2002. La hausse du coût de la vie est indiscutable. Selon l’Insee, de 2002 à 2006, l’augmentation des prix s’est établie à 7,81 %. Pour 2007, elle devrait être d’au moins 2 %. Des prévisions optimistes : l’Insee minore le prix de certains biens et services indispensables (médecin, gaz, électricité, produits frais…). Un loyer (un tiers au moins des revenus d’un ménage) représente seulement 6 % de l’indice, et le remboursement d’un crédit n’y figure pas. L’indice des salaires de GEE, lui, n’a pas décollé : rien en 2002 et en 2007 et des revalorisations largement inférieures à l’inflation officielle entre ces deux dates. Sur une masse salariale qui devrait progresser de 2 % en 2008, les augmentations liées à l’ancienneté devraient représenter 0,7 % et les augmentations individuelles de 1,3 à 1,5 %. Privilégiées par la direction, elles sont distribuées dans l’opacité. Il ne resterait donc rien pour les augmentations collectives. Et pendant ce temps-là, Roularta améliore ses résultats... en partie grâce à l’austérité qu’il nous impose. Le SNJ réclame donc 200 euros pour tous, y compris pour les pigistes réguliers, ainsi qu’une revalorisation du tarif des piges, et une hausse des tickets-restaurant, inchangés depuis le 1er janvier 2003.

Une augmentation des effectifs est également impérative. Il faut recruter, pour stopper la dégradation des conditions de travail et améliorer la qualité, dont nos titres et nos marques ont besoin pour se développer. La direction semble ne pas voir le malaise qui s’installe chez les cadres et les employés comme chez les journalistes. Faisons-lui comprendre qu’il faut arrêter la course suicidaire à la rentabilité dans laquelle elle entraîne GEE.

 

Une pension à 100 %-Salaires SNJ 20-11-2007.pdf

18 septembre 2007

Pourquoi le SNJ n'a pas signé l'accord sur l'intéressement

5 % du résultat d’exploitation de GEE pour les salariés et 95 % pour l’actionnaire. Voilà l’autre résultat de l’accord d’intéressement que le SNJ n’a pas signé, en juillet dernier.

Cette conception du « partage » des bénéfices – tout pour l’actionnaire, des miettes pour les salariés – a de quoi écœurer des personnels abonnés depuis des années au toujours plus de boulot, aux sous-effectifs et à la dégradation des conditions de travail.

Fin 2006, notre syndicat avait réclamé une augmentation générale des salaires et des piges d’au moins 3 %, prenant effet dès janvier 2007. La direction accordait... 0 % de hausse collective, privilégiant les augmentations individuelles « au mérite », opaques et discrétionnaires. Puis proposait en guise de consolation, une renégociation de l’accord sur l’intéressement.

A l’ouverture des discussions, le SNJ revendiquait l’attribution aux salariés de 35 % du résultat d’exploitation prévisionnel (Rex)
du groupe pour 2007, l’équivalent d’un 14e mois pour tous, soit 3 300 euros (le salaire médian 2005 *). Nous étions donc très loin des propositions de la direction, et de l’accord final signé par la CFDT et la CGT, qui fait démarrer la prime d’intéressement de 5 % à partir d’un résultat d’exploitation de 3 millions d’euros. Ainsi, si le Rex atteint 4 millions d’euros cette année, ce qui est l’objectif de la direction, les 404 euros versés à chaque salarié en 2008, équivaudront à la somme de 33 euros mensuels, soit 1 % du salaire médian ! Un accord vraiment très « intéressant »... surtout pour Roularta et la direction.

* Rémunération mensuelle brute, toutes primes comprises. La médiane est le salaire au-dessus duquel se situent la moitié des salariés les mieux payés de GEE. Le salaire médian 2006 (3 443 euros), n’était pas encore connu à l’ouverture des négociations.

Le SNJ assigné en justice

Grande première au sein du Groupe : non contente d’exercer sur elle une pression qui s’assimile à du harcèlement, la direction de GEE conteste devant le tribunal la désignation par le SNJ de Marie-Claire Bensaada, chef de studio à L’Express, comme notre nouvelle représentante syndicale au CE, en la qualifiant de frauduleuse.
Elle assigne également en justice et pour le même motif notre syndicat.
Reportée à la demande de la partie patronale, l’audience aura lieu le 17 octobre prochain devant le tribunal d’instance du IXe arrondissement.

« Oublis » à répétition

En juin dernier, la direction « oublie » de convoquer le délégué syndical du SNJ à l’ultime réunion de négociation sur l’intéressement.
Même « oubli », à deux reprises, de la convocation au CE de la représentante syndicale du SNJ. Dernier « oubli » en date : la réorganisation des activités Internet de GEE fait l’objet d’une note détaillée rendue publique le 7 septembre, une semaine avant sa présentation en CE, au mépris de l’obligation de consultation préalable des membres du comité. Des « oublis » qui pourraient être qualifiés d’entrave par le Code du travail, et sanctionnés par la loi.

CE ou Chambre d’Enregistrement ?

Depuis des mois, les procès-verbaux du CE ne restituent pas fidèlement les interventions des élus et des représentants du Syndicat national des journalistes (SNJ), voire en censurent ou en modifient les propos. Nos demandes de corrections et de rétablissement de nos propos avant publication du PV ont été à plusieurs reprises « oubliées » ou rejetées par le secrétaire du CE.
Lors du CE du 6 juillet dernier, à la suite d’un nouveau constat d’erreurs dans le PV du CE, nous avons demandé que le verbatim original de nos interventions nous soit communiqué, les séances étant enregistrées. Ce qui nous a été refusé. Au cours de ce même Comité d’entreprise, lors du point consacré à l’information-consultation sur la modernisation de l’informatique éditoriale à L’Express, Denise Grumel, élue du SNJ, est intervenue, à la demande des réviseurs qui l’avaient mandatée à cet effet, pour que soient communiquées au CE leur réflexion et leur proposition sur le projet d’évolution de leur service. Voici donc ce texte, lu en séance, « porté à la connaissance de la direction », mais dont ont été privés les salariés (voir page 12 du compte-rendu du CE ).

« Les réviseurs déplorent, que, en ramenant la double lecture, en copie et en page, à une lecture unique et en envisageant de supprimer un poste et demi et de diminuer les renforts réguliers, la direction ait fait le choix de prendre des risques très importants, qu’elle ne semble pas vraiment mesurer, concernant la qualité du journal, indissociable du prestige du titre. Le test d’été sur les suppléments paraît un test en trompe l’oeil, car le vrai test concernerait le News et Styles. Le passage d’une personne et demie au SR dès le début de septembre est prématuré, car à cette date, il n’aura pas été possible d’évaluer la charge de travail dans la nouvelle configuration, pas plus que les avantages et les limites de Prolexis. Concernant Prolexis : ce logiciel possède des qualités très réelles, tout autant que des limites, indéniables,
un correcteur orthographique n’ayant rien à voir avec l’oeil et le cerveau humain, et de loin. Notre proposition est de faire le point, avant tout mouvement interservices, après une période de test suffisante de lecture unique, c’est-à-dire à la fin de l’année. »

Communiqué du SNJ, 17 septembre 2007

Interessement 17-09-2007.pdf

21 juin 2007

Roularta à GEE : casse à tous les étages

Près d’un an après la prise de contrôle de Groupe Express-Expansion (GEE) par Roularta, le bilan est accablant. Des dizaines d’emplois supprimés, des rédactions anémiées, une politique salariale atone (hormis, dans l’opacité, quelques « récompenses » individuelles, ici ou là), des budgets en peau de chagrin, à tel point que les rédactions n’ont plus les moyens de faire correctement leur travail, ce qui se répercute sur la qualité des « contenus ». Nouveau régime ? Surtout, régime !

L’entreprise de démolition ne se traduit pas seulement dans les chiffres. Chacun peut relever un autoritarisme croissant dans les relations sociales, des violations assumées du droit du travail, comme la limitation unilatérale de délai d’exercice de la clause de cession ; des mesures vexatoires, telle la suppression de la médaille du travail ; la négation des métiers, qualifications et compétences, à l’image des rédacteurs, déjà en sous-effectifs, « invités » à travailler en plus pour les sites Web et l’affaiblissement sans précédent des rédactions techniques, avec en ligne de mire la fusion des services SR et Révision à L’Express.

A la source de ce désastre : l’objectif de Roularta d’obtenir plus de 10 % de rentabilité d’ici à 2008. Le SNJ ne se contente pas de dénoncer les conséquences de cette politique. Il condamne et s’oppose à la cause : la goinfrerie financière de Roularta, suicidaire à terme pour l’entreprise.

Travailler plus... à moins et moins bien

Après le dégraissage de la rédaction, le démantèlement du plateau technique de L’Express est à l’ordre du jour. Audit du service photo, flou artistique à la maquette, et, dès septembre, « réunion » du SR et de la révision, réduction jusqu’à leur suppression des renforts de piges ainsi que le passage d’un poste et demi de la révision (qui a perdu un poste) au SR (qui lui-même a déjà perdu trois postes). Sous-effectifs, lecture unique de la copie et survol des pages montées : la dégradation des conditions de travail et une moindre qualité du contenu sont donc garanties, sauf si le plateau technique et la rédaction se mobilisent pour exiger l’arrêt de toute suppression de poste.

Non à la retraite au rabais !

L’Etat accorde depuis longtemps un abattement de 30 % sur certaines cotisations sociales des salariés journalistes. Le Groupe Express-Expansion est l’une des rares entreprises qui ont décidé, il y a quelques mois, d’appliquer cet abattement aux retraites complémentaires des journalistes. La cotisation moindre concernant aussi bien l’employeur que le salarié, le groupe fait une économie substantielle, tandis que chaque journaliste a connu mécaniquement une augmentation de son salaire net. Mais le revers de la médaille, c’est pour chaque journaliste une amputation significative de sa future retraite. Selon les chiffrages du SNJ sur le plan national, les pensions moyennes seraient diminuées au minimum de 90 euros par mois.
Dès 2006, les élus SNJ ont levé ce lièvre au CE. Attachés à la retraite par répartition, ils demandent que chaque salarié concerné puisse choisir entre des cotisations abattues (et donc des retraites moindres) ou non. Mais la direction refuse de revenir sur ce fait accompli, et les autres syndicats proposent plutôt de mettre en place un système par capitalisation.
Le SNJ demande qu’une attestation annuelle soit remise à chaque journaliste, qui choisira alors des cotisations sociales abattues ou non conformément à l’accord d’entreprise signé en 2003.
Avec le SNJ, je défends ma retraite intégrale. En 2007, je choisis de cotiser à 100 %.

Le mélange des genres continue

Le directeur de la rédaction de L’Express a invité la semaine dernière tous les journalistes à se rendre dans les points de vente afin de remplir un questionnaire sur les ventes du titre (il est aussi conseillé d’enrôler « parents et amis »...). Un tirage au sort distinguera cinq des « questionnaires », les « enquêteurs » étant « récompensés de quelques cadeaux » !
Cette initiative est d’abord insultante pour les salariés du service des ventes. S’ils ont besoin de renfort, il faut, au lieu de faire appel à d’autres personnels qui n’ont pas leurs compétences, renforcer leurs effectifs et leurs moyens. Ensuite, signée d’un journaliste, elle est révélatrice d’une évolution : après le journaliste en toque (publicité pour une marque d’électroménager, dans Lire, septembre 2006), voici
le journaliste inspecteur des ventes ! Bien entendu, le Code du travail et la convention collective protègent les journalistes des tentatives de leur faire exécuter des tâches sans rapport avec leur métier. Il est plus que temps de donner à tous les salariés de cette entreprise les moyens de faire leur travail correctement, dans le respect des compétences des uns et des autres !
Le SNJ, première organisation de la profession, rédacteur de la Charte de déontologie de référence, appelle tous les journalistes à ne prendre part en aucune façon à ce type d’opération.

Communiqué du SNJ, 20 juin 2007

 

Casse a tous les etages 20-06-2007.pdf

10 décembre 2006

Le Roularta-compresseur

Rik De Nolf a fixé à L’Express un objectif de rentabilité de 10 % (Le Monde, 23/11/2006) évoquant une économie de 3 millions d’euros sur la masse salariale du Groupe Express-Expansion. Un « allégement » confirmé lors du comité d’entreprise du 23 novembre par Marc Feuillée (« Cette économie sera atteinte sans drame »), qui compte « faire mieux, plus vite, avec moins de personnes ». « En 2007-2008, nous ferons des économies sur les fournisseurs, sur le temps de travail et sur les renforts extérieurs », a-t-il encore dit. En clair, remplacer a minima les postes vacants chez les journalistes, les cadres et les employés, et redistribuer le travail aux restants, en trouvant « des solutions en interne », et en « envisageant tout remplacement dans le cadre de la mutation papier-Web ». Il est donc urgent d’obtenir des engagements clairs et précis sur le remplacement des partants.

Journalistes « bimédia » : faire plus avec moins

Le CE a été largement consacré au projet de « système éditorial bimédia » qui devrait être opérationnel d’ici à avril 2007. Les logiciels QPS et Copydesk équiperont toutes les rédactions, et L’Express sera doté de nouveaux ordinateurs. Le groupe vise, à terme, un objectif de zéro photogravure sous-traitée. Avec CopyDesk, les rédacteurs saisiront leurs papiers à la bonne longueur et les enverront dans le circuit. Les pages réalisées par des journalistes « bimédia », à la fois Web et papier, pourront être « démoulées » et leur contenu (éditorial et graphique) basculé sur les sites. Un chemin de fer électronique devrait simplifier la réalisation et la sortie des pages en intégrant rédactionnel, gravure et publicité. A terme, les pages, traitées en PDF, seront dotées de protocoles de transmission normalisés avec ceux de Roularta.

Incertitudes pour les plateaux techniques

La mise en route de tous ces projets sera suivie par un groupe de travail comprenant des représentants du Comité d’entreprise. Ces évolutions techniques importantes doivent s’accompagner, selon nous, d’embauche de personnel, de formations pour faciliter les passerelles entre l’écrit et le Web et d’achat de matériel, notamment pour absorber le surcroît de travail à la photogravure, en interne. Marc Feuillée a précisé que « les métiers de maquettistes, SR, réviseurs ne sont pas menacés en tant que métiers ». De quoi s’interroger quand on connaît l’objectif d’économie sur la masse salariale que s’est fixé l’actionnaire.

« L’Expansion », au top de la décroissance

Déjà affaiblie, L’Expansion vient encore de perdre un rédacteur, parti avec la clause. Réunie en AG le 10 novembre dernier, la rédaction a demandé, dans une motion, son remplacement rapide, l’inverse risquant d’entraîner « une nouvelle dégradation des conditions de travail » compromettant la qualité du magazine. Car L’Expansion est notoirement en sous-effectifs (les stagiaires se succèdent toute l’année pour faire « tourner » la rubrique « Perso » et les dossiers Immobilier, Salaire des cadres ou Jeunes diplômés). Réponse de la direction de la rédaction : « Impliquez-vous sur le Web pour augmenter les chances de remplacer les partants ». L’équipe est invitée à devenir « bimédia », dans l’improvisation et sans moyens supplémentaires.

Comme l’a expliqué Marc Feuillée, le groupe entend développer les sites Web sans embauche de « profils journalistes ». Le contenu rédactionnel ne reposerait donc que sur les rédacteurs des titres papier, déjà pénalisés par les départs non remplacés, la diminution des budgets consacrés aux renforts, et le licenciement de nombreux pigistes, comme à L’Express.

Négociations salariales : zéro pour la direction

En 2006, les salariés ont subi une hausse importante du coût de la vie : impôts locaux (+5,6%), loyers (+4,6% en rythme annuel depuis 2000 selon la Fnaim), gaz (+20% en un an), sans compter la distribution d’eau, les transports ou l’alimentation. Le SNJ a donc réclamé une augmentation collective des salaires et des piges de 3 % pour 2007. La direction a proposé... 0 %, préférant consacrer une enveloppe de 1,1 % aux augmentations individuelles, attribuées de façon arbitraire et dans l’opacité. Pour mémoire, 117 salariés ont bénéficié en 2006 d’une augmentation individuelle (21 % des effectifs de GEE).

Retraite complémentaire : les journalistes doivent choisir

Comme nous l’avions annoncé dans notre profession de foi électorale, le SNJ a écrit à la direction afin qu´elle consulte les journalistes sur le maintien ou non de l´abattement sur les cotisations aux caisses de retraites complémentaires. En effet, cette baisse de cotisations se traduira par des pensions réduites. Le SNJ souhaite défendre une démarche volontaire afin que chacune des personnes concernées puisse choisir de cotiser, à taux plein ou non, selon sa situation.

Communiqué du SNJ, 7 décembre 2006

Roularta Compresseur 07-12-2006.pdf